Combien gagne réellement un stagiaire en France ?

Hugo

31/03/2025

En France, la question de la rémunération des stagiaires reste un sujet sensible, surtout quand on l’observe à travers le prisme des écarts entre régions, secteurs et profils. Si la loi encadre un minimum légal, la réalité sur le terrain est bien plus nuancée. Découvrons ensemble les véritables tendances de l’année 2024.

La gratification légale : un socle de base

Depuis 2024, les stages de plus de deux mois doivent obligatoirement être indemnisés à hauteur de 669,90 euros par mois pour un temps plein, soit 154 heures de travail mensuelles. Ce montant représente la base légale. En dessous, aucune entreprise ne peut rémunérer un stagiaire. Mais en pratique, de nombreuses structures vont au-delà de ce minimum pour rester compétitives et attirer les meilleurs profils.

Une moyenne supérieure mais toujours jugée insuffisante

En moyenne, un stagiaire touche environ 1 017,90 euros bruts par mois. Une somme bien supérieure au seuil légal, mais qui reste encore insuffisante pour permettre une véritable autonomie financière. D’ailleurs, 90 % des stagiaires interrogés estiment que leur indemnité ne leur permet pas de couvrir toutes leurs dépenses, en particulier dans les grandes villes.

De fortes disparités régionales

Selon la localisation, la rémunération des stagiaires varie sensiblement. En Île-de-France, par exemple, un stagiaire peut espérer toucher en moyenne 1 169 euros par mois. En province, ce chiffre chute à environ 860 euros. L’ouest de la France se situe autour de 966 euros, tandis que l’est affiche 802 euros. Les régions du sud (772 €) et du nord (672 €) ferment la marche.

Les secteurs les plus rémunérateurs

Le secteur dans lequel vous réalisez votre stage a un impact direct sur votre rémunération. Sans surprise, la finance arrive en tête avec une gratification moyenne de 1 283 euros par mois. Elle est suivie par le conseil (1 209 €) et l’informatique (1 076 €). En revanche, les stages en ressources humaines ou dans le commerce sont les moins bien rémunérés, avec des moyennes respectives de 793 € et 782 €.

La taille de l’entreprise joue aussi

Les grands groupes sont ceux qui proposent les gratifications les plus élevées. En moyenne, les stagiaires y perçoivent 1 240,86 euros par mois. Les startups offrent quant à elles une rémunération moyenne de 861,63 euros, et les PME tournent autour de 851,39 euros. Les stages réalisés dans des associations ou dans l’administration sont généralement moins bien indemnisés, avec des montants moyens respectifs de 390 € et 763,52 €.

Des écarts de rémunération entre hommes et femmes

Les femmes stagiaires perçoivent en moyenne 955 euros, contre 1 098 euros pour les hommes, soit un écart de 13 %. Cet écart est notamment dû à une plus forte représentation des femmes dans les secteurs les moins rémunérateurs comme la communication et les ressources humaines, tandis que les hommes se retrouvent davantage dans des secteurs comme la finance ou la tech.

Les stagiaires LGBTQIA+ et en situation de handicap

Les stagiaires LGBTQIA+ perçoivent en moyenne 939 euros. Là aussi, leur présence plus fréquente dans des secteurs à plus faibles gratifications pourrait expliquer cet écart. Quant aux stagiaires en situation de handicap, ils perçoivent une moyenne de 712 euros, soit près de 31 % de moins que la moyenne générale. Cela s’explique souvent par leur concentration dans des secteurs comme le commerce, moins bien rémunérés.

Vers une meilleure reconnaissance du travail des stagiaires

Si les stagiaires jouent un rôle essentiel dans les entreprises, leur rémunération ne reflète pas toujours leur contribution. Malgré une législation de plus en plus encadrée, les disparités persistent et posent la question de l’équité. De plus en plus d’acteurs du monde professionnel appellent à revaloriser les stages, tant en matière d’indemnisation que d’intégration à la vie de l’entreprise.

Le stage reste une étape incontournable dans la vie étudiante et professionnelle. En 2024, bien que la rémunération moyenne dépasse le minimum légal, de nombreux efforts restent à faire pour garantir une égalité des chances et une reconnaissance équitable de tous les stagiaires, quels que soient leur profil, leur genre ou leur parcours. Mieux informés, les étudiants peuvent désormais orienter leur choix de stage vers les secteurs et entreprises les plus équitables et mieux rémunérés.